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Avec l’aide d’ECI, 15 femmes obtiennent des droits sur leur propre terre à Miti-Murhesa

Chaque jour, au mépris de la loi, des femmes congolaises sont chassées des terres qui leur appartiennent légitimement – parfois par des voisins, souvent par leur propres familles, et trop souvent en toute impunité. «L’accès de la femme à la terre reste un énorme défi dans la société congolaise, et particulièrement à l’est de la RDC», explique Me Aline Bahati, avocate et coordinatrice de la Clinique Juridique de la Fondation Panzi. «Certaines coutumes rétrogrades soutiennent que la femme, simple ménagère, n’a droit à aucune propriété, et qu’elle n’est prédestinée qu’au mariage.»

Lors de la cérémonie du 4 septembre 2020, Maître Me Aline Bahati, coordinatrice de la clinique juridique de la Fondation Panzi, explique l’importance de l’égalité de droit à l’héritage entre les garçons et les filles. Photo: Valéry Namuto / ECI

Heureusement, ces coutumes rétrogrades n’ont pas la force de la loi. Grâce à un financement d’ECI, le projet «Accès des femmes à la terre» vise à sensibiliser les communautés du Sud-Kivu aux droits légaux des femmes, et les aider à obtenir le titre légal de propriété foncière qui leur appartient à juste titre.

Une femme passe devant un panneau publicitaire annonçant le projet de la Fondation Panzi, financé par ECI. Photo: John Achiza Mushaga / Fondation Panzi. Photo: John Achiza Mushaga / Fondation Panzi

Naviguer dans les complexités du droit de la propriété est difficile pour quiconque – mais pour les survivantes de la violence sexiste dans l’est de la RDC, les défis peuvent être presque insurmontables. «Dans les conditions précaires dans lesquelles vivent ces femmes», déclare Masudi Katembela, gestionnaire de subventions d’ECI, «il est très difficile de prouver leur propre droit à la propriété.»

C’est là que Me Aline et ses collègues entrent en action. «Les défenseuses judiciaires et les parajuristes se rendent sur le terrain pour aider ces femmes à rassembler toutes les informations dont elles ont besoin pour prouver leurs droits à leurs terres», déclare Masudi. Le processus est complexe et demande beaucoup de travail – il l’appelle «recherche sociale» – mais il peut conduire à des résultats qui changent les vies.

Le vendredi 4 septembre, quinze femmes – toutes survivantes de violences sexistes – ont chacune reçu une feuille de papier précieux: un certificat de propriété officiel pour leur propre terre. Le directeur des opérations d’ECI, Valéry Namuto, s’est rendu à Miti pour nous représenter à la cérémonie. «C’était merveilleux!» il a dit. Valéry a pris quelques photos de la journée, et la joie des nouvelles propriétaires foncières est palpable.

Les femmes chantent pour célébrer. Vidéo: Valéry Namuto / ECI

La victoire administrative de ces quinze femmes n’est qu’une étape dans un long voyage – mais Me Aline voit clairement l’avenir. «Il appartient à chaque homme et à chaque femme», dit-elle, «à tous ceux qui sont passionnés par une société où règne la cohésion sociale, de soutenir l’émergence des femmes en tant que participantes à part entière de la communauté.» ◼

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